Tiré d'une notice de Maurice Porta, écrivain de la Feuille d'Avis de Lausanne 1920-1932 :
Le peintre vaudois Frédéric Rouge est né à Aigle le 27 avril 1867. A 16 ans, il entra à l'Ecole des Beaux-Arts de Bâle dont il sortit premier après une année d'études, révélant déjà les plus artistiques dispositions. Après un stage de quelques mois chez le peintre d'histoire Walter Vigier, à Soleure, il alla étudier durant trois hivers à Paris, où il suivit les cours de l'Académie Julian. Il fit également un séjour à Florence où il étudia les peintres italiens. Après quoi, il rentra au pays, d'abord à Aigle, puis à Ollon, où il vécut avec sa femme et ses trois filles.
Avec son veston de velours, son large feutre noir, sa barbe, son regard à la fois perspicace et bienveillant, Rouge était une figure d'artiste bien caractéristique, connue, estimée, aimée de tous.
Il est le peintre de la Vallée du Rhône et des Alpes Vaudoises, dans leurs sites familiers ou grandioses comme dans leurs types: bûcherons, vachers, chasseurs.
Mais il n'a pas été que cela et son oeuvre est extraordinairement diverse: sujets de genre, paysages, portraits, illustration, vitraux, il a tout abordé avec bonheur.
Car Rouge a compris l'art, son art à l' " ancienne manière ", qui était fait de probité, d'observation et d'effacement de l'artiste devant son sujet, lequel seul importe. De conscience aussi ; son atelier était plein d'esquisses, d'études, de détails, d'attitudes ou de gestes repris dix fois avant d'être admis dans l'œuvre défi
Le peintre vaudois Frédéric Rouge est né à Aigle le 27 avril 1867. A 16 ans, il entra à l'Ecole des Beaux-Arts de Bâle dont il sortit premier après une année d'études, révélant déjà les plus artistiques dispositions. Après un stage de quelques mois chez le peintre d'histoire Walter Vigier, à Soleure, il alla étudier durant trois hivers à Paris, où il suivit les cours de l'Académie Julian. Il fit également un séjour à Florence où il étudia les peintres italiens. Après quoi, il rentra au pays, d'abord à Aigle, puis à Ollon, où il vécut avec sa femme et ses trois filles.
Avec son veston de velours, son large feutre noir, sa barbe, son regard à la fois perspicace et bienveillant, Rouge était une figure d'artiste bien caractéristique, connue, estimée, aimée de tous.
Il est le peintre de la Vallée du Rhône et des Alpes Vaudoises, dans leurs sites familiers ou grandioses comme dans leurs types: bûcherons, vachers, chasseurs. Mais il n'a pas été que cela et son oeuvre est extraordinairement diverse: sujets de genre, paysages, portraits, illustration, vitraux, il a tout abordé avec bonheur.
Car Rouge a compris l'art, son art à l' ancienne manière, qui était fait de probité, d'observation et d'effacement de l'artiste devant son sujet, lequel seul importe. De conscience aussi ; son atelier était plein d'esquisses, d'études, de détails, d'attitudes ou de gestes repris dix fois avant d'être admis dans l'œuvre définitive.
Celle-ci est considérable. Citons d'abord le portrait d'Urbain Olivier, l'écrivain vaudois, qui, exposé au Salon de Paris, obtint un vif succès. La liste des portraits est immense. Dans les tableaux de genre, les plus connus sont: "Le Retour du bûcheron", "La Ferme vaudoise", "L'enfant des Bois", "Les fées de Nairevaux" [sic], "Une agonie dans les Alpes", "Chevaux dans la plaine du Rhône", "Le Braconnier", et tant d'autres.
Dans tout ce que Rouge a peint l'on trouve la vie-même, familière, aisée, naturelle. Et dans toute son essence, dans toute sa signification profonde, son âme, sa poésie. Ses paysages, lumineux et doux, on dirait qu'ils se sont donnés à lui, avec amour, totalement. Ils sont mieux que beaux; ils vous prennent, vous font brusquement, délicieusement rêver. Et ses types, il semble qu'on vient de les croiser et qu'on les reconnaît, avec amitié. Ils sont vrais, davantage, presque, qu'ils ne le seraient en chair et en os, tellement le peintre les a saisis dans leur caractère propre, fouillés, médités.
Rouge n'était pas de ceux qui recherchent le bruit, les honneurs. Mais les hommages mérités, du grand public, lui sont venus depuis longtemps et tout naturellement. Des articles élogieux sur lui ont paru un peu partout, et les amateurs se sont disputé ses tableaux, en son temps.
Tout le pays, à un moment donné, s'est reconnu, s'est senti exprimé avec une force, une éloquence saisissante.
La "Gazette de Lausanne" disait en citant, à l'époque, un nouveau tableau de R. Rouge: "Il est intitulé "La mare ". Cela a été pris quelque part, au fond de la plaine du Rhône, dans ce pays qui est celui du peintre, et d'où, partout, on voit les Alpes et le lac. Et c'est exquis. On retrouvera, dans cette toile, toutes les qualités qui sont celles de Rouge: la précision à la fois, la fermeté et la robustesse de l'artiste qui connaît à fond les procédés de son métier, et puis, l'intense poésie qui, à son appel, s'est dégagée du sujet traité. F. Rouge a cette probité des grands peintres qui savent exprimer toute la profonde beauté du modèle choisi, en s'effaçant eux-mêmes derrière leur oeuvre. Il y a longtemps que Rouge est un de nos beaux peintres mais plus il va, plus il sait condenser et approfondir sa vision en la simplifiant, en délaissant l'accessoire pour ne voir que l'essentiel."
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